La pose carrelage dans une cuisine professionnelle obéit à des règles strictes dictées par les normes d'hygiène alimentaire. Le sol est soumis à des contraintes particulièrement sévères : projections graisseuses, eau chaude sous pression, passages fréquents de chariots lestés, produits désinfectants concentrés. Un carrelage inadapté se fissure, ses joints s'encrassent et deviennent des foyers bactériens incontrôlables. Le choix du carreau et la technique de pose sont aussi importants que la nature du joint. Un sol bien posé contribue à la conformité sanitaire de vos locaux.
Quel carrelage pour une cuisine pro ?
Le grès cérame émaillé ou pleine masse, classé R11 ou R12 selon la norme DIN 51130, est le standard pour les sols de cuisine professionnelle. La classe R11 convient aux zones de préparation et de circulation, la R12 est requise dans les zones humides comme la plonge, les zones de lavage et les abords de friteuses. L'épaisseur minimale recommandée est de 10 mm pour résister aux chocs et aux charges roulantes. Les formats 20x20 ou 30x30 cm permettent de multiplier les joints, ce qui améliore l'adhérence en sol mouillé. Les grands formats (60x60 ou plus) séduisent esthétiquement mais réduisent le nombre de joints et peuvent devenir glissants. Le carrelage s’intègre dans l’aménagement global de la cuisine, dès la phase de plans.
Les murs doivent également être carrelés dans les zones de projection : derrière les pianos, autour des bacs de plonge et sur les parois des zones de préparation. Un carrelage blanc ou clair facilite le contrôle visuel de la propreté lors des inspections sanitaires. La hauteur de carrelage mural est au minimum de 1,80 m dans les zones alimentaires selon les recommandations de la DGAL. Un joint époxy facilite le nettoyage régulier des surfaces en cuisine.
Le choix du joint : la clé de la durabilité
Le joint époxy est la seule solution vraiment adaptée à une cuisine professionnelle. Contrairement au joint ciment classique, il ne s'effrite pas, ne tâche pas et résiste aux acides et aux alcalins forts. Sa pose est plus technique et son coût est plus élevé, mais il reste propre et intègre pendant des années sans retraitement. L'épaisseur du joint doit être la plus fine possible (2 à 3 mm) pour réduire les surfaces de rétention. Un carreleur spécialisé dans les locaux alimentaires connaît ces contraintes et proposera une colle appropriée (C2 minimum, hydrofuge) et un joint adapté dès la conception du chantier. Pour les rénovations, un jointoiement époxy peut être appliqué sur des joints ciment existants encore en bon état.








